Une journée à l’alpage en Oisans

Chaque semaine en été, des animateurs de la Maison des Alpages, à Besse-en-Oisans, emmènent les randonneurs à la rencontre des bergers de la vallée du Ferrand.

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Avec ses allures de steppe mongole et son panorama majestueux sur la Meije et les glaciers des Écrins, le plateau d’Emparis est un paradis pour les randonneurs. Pour la dizaine de bergers qui viennent ici en estive, c’est aussi un cadre de travail exceptionnel, à 2 000 mètres d’altitude ! Depuis le Moyen Âge, ce territoire grandiose et sauvage est en effet réputé être l’un des meilleurs « restaurants » pastoraux des Alpes. De mai à octobre, près de 20 000 brebis, vaches et même quelques chèvres se délectent de cette fine pelouse, qui ondule sur 2 900 hectares et trois cent mètres de dénivelé. « Un biotope unique » assure Sarah, qui fait transhumer à chaque saison son troupeau de la Provence sur l’alpage de Mizoen. Avec son mari Nicolas et leur fils de trois ans, ces bergers nomades veillent sur 1 500 brebis de trois éleveurs différents.  

Ce matin, Éliane, Louis, Suzanne et Patrick, deux couples d’amis retraités crollois, sont partis pique-niquer sur l’un des alpages du plateau d’Emparis pour découvrir la réalité de ce métier ancestral teinté de folklore. Rendez-vous était pris à la Maison des Alpages de Besse-en-Oisans, qui propose chaque jeudi des sorties en groupe sur réservation. Aujourd’hui, une rencontre est programmée avec Thomas Roche, qui garde 300 vaches sur l’alpage de la Quarlie. « C’est le plus proche du village de Besse et le plus accessible, à seulement quatre cent mètres de dénivelé », précise Benjamin Thibaut, responsable de la Maison des Alpages. Si une piste pastorale permet d’y accéder en 4x4, le petit groupe a choisi de monter à pied. Guidés par Maxime, accompagnateur en montagne, ils ont cheminé à travers les prairies piquées de trolles, de narcisses et autres fleurs multicolores, tout en découvrant au fil de la balade les différentes zones de pâture, les points de recoupement, les zones de tri…

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Deux heures plus tard, la petite équipée se retrouve au chalet de Thomas, qui les attend avec l’apéritif. Cet enfant du pays, qui a repris la suite de son grand-père, les accueille avec ses deux chiens border collies : « Ce sont mes auxiliaires pour la conduite du troupeau. J’ai aussi des patous mais en limite d’alpage, pour les protéger du loup ! », précise-t-il.

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Entre la surveillance et les soins vétérinaires, le groupe réalise vite que le travail laisse peu de temps pour jouer de la musique ! Et par mauvais temps ? « On fait pareil, y compris le dimanche ! », sourit Thomas. Qui ne se plaint surtout pas de son choix de vie.

Au retour à Besse-en-Oisans, Maxime propose encore à ceux qui le souhaitent un petit tour dans les ruelles labyrinthiques de ce village classé et préservé de 150 habitants. Les maisons de pierre aux toits de tôle ondulée, blotties les unes contre les autres en carapace, rappellent que le climat est rude dans ce fond de vallée, en hiver. Pour l’heure, avec toutes ces fleurs, c’est un jardin de délices !

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