En vélo à travers la plaine de Bièvre

En juillet dernier, Geneviève et Alexis, un couple de trentenaires lyonnais, ont parcouru à vélo à assistance électrique une partie de la plaine de la Bièvre autour de La Côte Saint-André, à la découverte des paysages qui ont profondément inspiré Hector Berlioz.

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Une assez vaste plaine, riche, dorée, ver­doyante, dont le silence a je ne sais quelle majesté rêveuse, encore augmentée par la ceinture de montagnes qui la borne au sud et à l’est, et derrière laquelle se dressent au loin, chargés de glaciers, les pics gigantesques des Alpes ». Ainsi s’exprimait Hector Berlioz (1803-1869) dans ses Mémoires, pour décrire le terri­toire de la Bièvre où il passa ses 18 premières années. Grand marcheur devant l’Éternel, le musi­cien romantique gardera toute sa vie la nostalgie de ce paysage, dont il s’était éloigné pour parfaire son éducation musicale à Paris.

Plus de deux siècles après sa naissance, la campagne côtoise n’a que très peu changé. L’été der­nier, Geneviève et Alexis, passionnés de musique, se sont plongés dans l’uni­vers du compositeur lors d’une balade à vélo. Un itinéraire balisé de 15 kilomètres totalement plat traverse la plaine de la Bièvre. « Nous ne sommes pas des sportifs aguerris. Nous aimons nous balader en rêvant. Ce que le vélo à assis­tance électrique permet très facilement. Tout au long du parcours, nous avons été saisis par la majesté du ciel qui occupe les deux tiers du paysage et nous donne l’impression d’avoir la tête dans les nuages », se réjouit Geneviève.

Le circuit démarre à l’espace sportif à quelques centaines de mètres de l’office de tourisme de La Côte-Saint-André. Très vite, des aplats de couleurs jaunes, verts et ocres s’offrent au regard. Dans cette région restée agricole, la famille Berlioz cultivait des terres et produisait son vin.

Des paysages baignés de lumière

Le pay­sage vallonné est baigné d’une grande douceur et ponctué de fermes et de maisons typiques en pisé avec leurs soubassements en galets roulés, issus de l’ère glaciaire. Au loin, se profilent les massifs de la Chartreuse, du Vercors et de Belledonne et à gauche, l’église de Gillonnay. Celle-ci a été immortalisée par le paysagiste hollandais Johan Barthold Jongkind, venu s’installer à La Côte-Saint-André en 1878, parmi les nombreux artistes séduits par la lumière de la région.

Le circuit se poursuit ensuite jusqu’à Brézins, sur un tronçon de l’une des routes du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle entre Genève et Arles, emprunté chaque année par des centaines de marcheurs. De part et d’autre, des vaches montbé­liardes et prim’hols­tein paissent dans les champs et il est coutumier, à la période des moissons, de voir les rapaces venir chasser les rongeurs !

De retour à La Côte-Saint-André, le couple avait encore un peu de courage pour gravir les 200 m de dénivelé jusqu’à la chapelle de Sciez, où Berlioz venait sans doute se recueillir pour contempler la plaine de la Bièvre qu’il aimait tant. D’ici, on a une vue à 360 degrés sur la vallée du Rhône, le mont du Pilat, les monts d’Ardèche et par très beau temps, le mont Blanc. « Cette fan­tastique journée nous a permis de toucher l’âme du compositeur ! », conclut Geneviève.

© Texte écrit par Annick Berlioz pour le Magazine ALPES ISHERE #06 - Mai 2020

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